Entretien avec le Docteur-vétérinaire Franck Chaduc, PDG de Touroparc.zoo

 

Président Directeur Général de Touroparc.zoo depuis 2012, le Docteur-vétérinaire Franck Chaduc a mis en place depuis trois ans une politique de restructuration des espaces du parc, au profit des animaux et de leur bien-être, dans le souci permanent des conditions d’accueil du public.


image hauteurDepuis votre prise de fonction en 2012, quels objectifs ont motivé les aménagements réalisés dans le parc ?

La politique de l’établissement s’appuie sur trois objectifs. D’abord, toujours penser aux animaux en premier et améliorer tout ce qui correspond à leurs conditions de vie, comme la superficie des enclos, la possibilité de supporter les conditions climatiques avec la création d’abris intermédiaires, ou encore l’amélioration des systèmes de chauffage des terrariums. Le deuxième point est l’accueil du public. En tant que parc privé, nous ne bénéficions d’aucune subvention. Nous sommes donc attachés à améliorer les conditions d’accueil des visiteurs, qui constituent notre seule source de financement. Depuis trois ans, nous avons opéré une sorte de « lifting » des animations présentes sur le site, nous avons repensé aux installations d’accueil des visiteurs sur une thématique davantage tournée vers la nature, avec des chalets en bois pour les points de restauration, des tables en bois et non en plastique, etc. La qualité d’accueil passe également par le fléchage, des bancs à disposition des visiteurs pour se reposer et découvrir les animaux, des points de restauration mieux répartis, des caisses plus ouvertes permettant un flux plus facile. Enfin, le troisième axe correspond aux conditions de vie de l’entreprise, avec notamment une politique sociale permettant d’embaucher davantage de contrats à durée indéterminée. Depuis trois ans, nous avons donc embauché cinq personnes en CDI, dont trois seniors de plus de cinquante ans qui étaient dans l’établissement depuis longtemps en contrat de saisonniers. Nous tendons également vers une politique de réussite économique, notamment par des gestes environnementaux permettant de faire des économies : remplacement progressif des éclairages, gestion des ressources en eau, utilisation des systèmes de chauffage en géothermie, installation dans un futur proche de système solaire photovoltaïque, etc.

Quelles sont les prochaines étapes de cette restructuration ?

La restructuration en tant que telle prendra fin cette année après trois ans de transformation et de réhabilitation. à l’issue de 2015, nous serons fiers de présenter nos animaux et d’expliquer comment ils vivent. Nous allons donc entamer une nouvelle étape de développement basée sur deux dynamiques. Une dynamique d’ordre spatial avec l’objectif de s’ouvrir sur d’autres terrains en périphérie pour agrandir la superficie du parc, et la superficie de vie des animaux. Nous faisons beaucoup d’associations d’espèces. À travers ces associations compatibles dans un même enclos, nous pouvons imaginer des espaces plus grands, plus intéressants pour le public. La seconde dynamique est plus conceptuelle. Il s’agit de réfléchir à ce que doit être un zoo au XXIe siècle. A travers les ambassadeurs que sont les animaux, nous souhaitons expliquer l’importance du respect de l’environnement. S’il y a des parcs zoologiques, c’est parce qu’il y a des espèces menacées. Or ce message peut être véhiculé avec des animaux, des journées consacrées à l’environnement, mais également à travers certains moyens innovants. Dans les mois qui viennent, nous allons donc essayer d’utiliser des images de façon novatrices pour intriguer les visiteurs en leur faisant découvrir des animaux de manière un peu différente.

Le zoo du futur aura donc, selon vous, une nouvelle mission en plus des actuelles présentations et conservation d’espèces rares ou menacées ?

Jusqu’aux années 1980, les zoos étaient effectivement dans une logique de « zoos présentation». Jusqu’en 1990, nous nous trouvions dans les « zoos reproduction », avec notamment la mise en place des associations. Dans les années 1990, les zoos se sont rendu compte que les gens devaient mieux connaître les animaux. Nous sommes donc entrés dans la période du « zoo éducation ». De 2000 à 2010, c’est devenu le « zoo conservation », c’est-à-dire que les zoos se sont mis à piloter, aider, participer à des actions pour protéger des espèces dans la nature. Après les années 2010 ou 2015, je pense que l’on entrera dans l’ère du « zoo protection ». Les zoos deviendront ainsi un havre de protection et de paix pour des animaux sauvages détenus illégalement par des particuliers, des cirques ou des établissements zoologiques dans de mauvaises conditions, en plus de leurs missions actuelles. Aujourd’hui, nous sommes encore très peu de zoos à l’avoir compris. Or, c’est une responsabilité morale par rapport aux espèces que nous présentons au public, une solidarité que nous devons avoir vis-à-vis des individus à l’extérieur du parc nécessitant une prise en charge. Je crois que c’est une belle raison d’être. Quand nous remettons ces individus dans nos groupes, nous faisons déjà un geste en direction de la liberté. Nous avons ainsi ici un groupe de magots de Gibraltar composé d’individus saisis individuellement chez des particuliers, qui ont été resocialisés par l’association Tonga Terre d’Accueil et qui maintenant vivent ensemble. Ou encore un couple de vieux lycaons récemment placés par les services officiels.

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